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MCLXXV

Rémission accordée à Jean Goulard1, écuyer, complice d’un homicide. « Le mercredi xie jour de decembre derrenier passé, il se trouva en l’eglise de Genoillié en Xanctonge, où il estoit allé pour [p. 119] oyr la messe, lui et ung appellé Jehan Vigier2, escuyer, et quant eurent oye messe, ilz se mirent, au partir de l’eglise, à chemin pour aler au lieu du Fief, appartenant à Jean Accarie3, oncle dudit Vigier ». Etant entrés chez un maréchal dudit lieu de Genouillé, nommé Jean Nicou, auquel ils avaient affaire, celui-ci les reçut fort mal et voulut même frapper Jean Vigier d’une guisarme. Dans le conflit qui en résulta, le maréchal reçut une blessure dont il mourut quelque temps après. « Si donnons en mandement au seneschal de Xanctonge, et à tous noz autres… Donné à Tours, au mois de fevrier l’an de grace mil cccc.xlviii, et de nostre règne le xxviie4. »

  • B AN JJ. 179, n° 273, fol. 158
  • a P. Guérin, Archives historiques du Poitou, 32, p. 118-119
D'après a.


1 Sans autres renseignements que ceux contenus dans l’acte analysé ici, il est impossible d’identifier sûrement ce personnage. Rien que dans la généalogie imprimée de la famille Goulart (Beauchet-Filleau, Dict. des familles du Poitou, 1re édit., t. II, Suppl.), qui est très incomplète et fort obscure sur bien des points, on trouve trois membres prénommés Jean, vivant au milieu du xve siècle : 1° Jean Goulart, écuyer, sr de Billé, la Vernière, etc., époux de Marie de Montbourcher, fils d’autre Jean et de Jeanne Bonnat ; 2° Jean Goulart, chevalier, sr du Bois-Bellefemme, marié à Françoise du Puy-du-Fou ; 3° Jean, écuyer, sr du Puy de Brassac et du Portal, marié à Jeanne de Charay, deuxième fils de Pierre Goulart, chevalier, sr de la Geffardière, et de Brunissent de la Court. Et l’on peut en citer encore d’autres. Dans un précédent volume, nous avons constaté que la branche de la Martinière était représentée, en 1425, par Jean Goulart, encore jeune et alors capitaine du Coudray-Montpensier. (Arch. hist. du Poitou, t. XXVI, p. 212, note.) Un autre Jean Goulart, écuyer, sr de la Vouhe, rendit hommage au roi du fief du Martroy, mouvant de Fontenay-le-Comte, suivant une déclaration datée de Saint-Maixent, le 16 novembre 1451. (Arch. nat., P. 5661, cote 2811 bis.) Son père ou son grand-père, prénommé aussi Jean. en avait rendu aveu au duc de Berry, le 13 avril 1404, comme le tenant à cause de sa femme, Jeanne Raouleau. (Id., R1* 2172, p. 1107.) Enfin Jean Goulart, de la Passière près Saint-Mesmin, fit hommage vers 1450 au seigneur de Parthenay, à cause de sa femme Marie du Retail, de son hôtel et hébergement de Périères, dont était seigneur antérieurement feu Imbert du Retail, et de divers fiefs, la Ménaudière, la Ravarière, relevant de la seigneurie de Pressigny. (R1* 190, fol. 268 v°, 278 v°.)

2 Sur le livre des fiefs du comté de Poitou, dressé en 1418, on lit les noms de Jean Vigier, possesseur de l’hébergement de la Berlière (ou plutôt la Bernière), sis en la paroisse de Brûlain, mouvant de Niort, pour lequel il payait un devoir de 60 sous tournois, et Jean Vigier, d’Usson, écuyer, tenu à hommage pour une maison au pont de l’étang d’Usson et pour la moitié de la dîme de « la Guillerie » en ladite paroisse. (Arch. nat., P. 1144, fol. 1, 4 v°, 57.)

3 Jean Acarie, écuyer, seigneur du Fief et de Crazannes, qu’il acquit en 1447, fut fait capitaine de Genouillé en Saintonge, l’an 1437. Il avait épousé, le 21 février 1437, Jeanne de Ligné, que l’on croit sa seconde femme, et qui était veuve en 1469. Du premier lit il eut un fils, et du second un fils et trois filles. (Cf. Beauchet-Filleau, Dict. des familles du Poitou, nouv. édit., t. I, p. 4.)

4 Nous mentionnons cet acte parce que Jean Goulart appartenait à une famille surtout poitevine ; mais nous n’en publions pas le texte parce que le fait eut lieu en Saintonge. Jean Vigier obtint aussi des lettres de rémission pour ce meurtre, auquel du reste il avait pris la plus grande part. Beaucoup plus explicites que celles de Jean Goulart, elles sont adressées aux sénéchaux de Poitou et de Saintonge, au gouverneur de la Rochelle et à tous autres justiciers, et datées de Tours, le 8 février 1449 n.s. (JJ. 179, n° 271, fol. 156 v°.)